Samplings

Grand Kursaal, Besançon, création le 9 octobre 2012Grand Kursaal, Besançon, création le 9 octobre 2012

De Jean Luc Rimey Meille
Concerto pour Marimba et orchestre
Commande de l’orchestre Victor-Hugo Franche-Comté
Durée 16 min 30 environ

À Damien Petitjean et Jean François Verdier

Échantillon de tissus, de matière, de couleur, texture, exemple … Le sens en Français du mot « sample » laisse entrevoir quelques perspectives sonores et donne libre cours à une expérimentation permettant de croiser différentes esthétiques, ce qui constitue mon champ d’investigation habituel.
Le propos de cette musique est de prendre un exemple – « sample » en Anglais – comme point de départ et de le confronter avec une esthétique légèrement décalée afin de lui donner un nouvel éclairage. La technique du sampling – échantillon sonore pré-enregistré – permet de mettre en boucle des extraits sonores n’ayant pas forcément une durée calibrée sur le tempo. Je me suis amusé à recréer cette notion de « bancale » en organisant la musique autour de mesures « asymétriques » ou « composées » qui peuvent donner l’illusion d’une pulsation irrégulière, rendant le temps musical plus complexe et peut-être, plus agité ?
Quelques références de « samples » présents dans ce concerto, au hasard et dans le désordre : Maurice Ravel, Steve Reich, Pat Metheny, Bélà Bartok, Frank Zappa … musique savante, musique du monde, jazz, musique électro, rock …

Le concerto est organisé en trois parties enchaînées.
Un premier moment où viennent se télescoper plusieurs « samples » et plusieurs tempis, le marimba étant force de proposition puis récupérant des éléments émanant de l’orchestre pour développer son discours. Cette partie se conclut par une section minimaliste et décalée, comme pourraient l’imaginer des musiciens de musique électro.
Un second moment plus lent, en forme de choral à trois temps où le marimba peut dévoiler une sonorité plus douce, donnant l’illusion de sons tenus en utilisant la technique du roulement. Ce choral, soutenu par les musiciens de l’orchestre (bois, puis cordes) se termine en procession tendue et non résolue.
Le final organisé sous forme de rondo où l’orchestre et le marimba (rappelant à ce moment-là le balafon africain) se répondent, assujettis à une mesure « composée » où se côtoient une pulsation binaire et une ternaire, sur un tempo rapide et un orchestre au complet.

Score d’orchestre (extraits)
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En écoute (extraits)
1er mouvement

2e mouvement

3e mouvement

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